D’une fonction à l’autre

Pendant neuf ans j’ai travaillé comme conseiller pédagogique, dans des équipes de circonscription pilotées par un IEN. Je me suis forgé une expérience concrète de ce qu’implique la mise en œuvre d’une politique éducative dictée par la loi et pilotée par un ministre et son administration. Voici quelques principes de fonctionnement qui, je le souhaite, me permettront de guider mon action de directeur d’école.

Travailler le projet d’une communauté éducative basée sur les principes et valeurs de l’école Républicaine. Agir en tant que directeur d’école, représentant de l’état. Endosser le costume d’une fonction mais éviter la langue de bois.

Reconnaître à chacun ses compétences humaines autant que les compétences de sa fonction et lui permettre de les assumer en pleine reconnaissance de son métier. Tout en prenant la mesure des autres métiers et de la nécessaire complémentarité entre tous.

Écouter. Reformuler. Accéder aux bonnes raisons qu’a chaque personne de faire ce qu’elle fait. Travailler le consensus plus que la majorité. Chacun doit pouvoir faire un pas de côté, un pas en avant.

Dire ce que je fais et faire ce que je dis. Expliciter et assumer mes propos, mes choix, mes décisions. Éviter les sous-entendus, dissiper les malentendus.

Mettre du sens dans les injonctions reçues, les décisions prises. L’école est un miroir de la société. Elle doit à la fois s’emparer de ses problématiques et savoir s’en préserver.

Toujours ramener les actes éducatifs à l’intérêt de l’enfant, compte tenu du fait que celui-ci peut différer selon que l’on soit parent, enseignant, soignant ou autre. Revendiquer la multiplicité autant que la complémentarité des regards.

Mettre en solution les problèmes qui se présentent plutôt que chercher des solutions immédiates ou radicales. Apporter des réponses progressives et graduées.

Reconnaître la réalité pour ce qu’elle est. Multiforme. Multifactorielle. Et ne pas laisser toute la place aux émotions ni aux stéréotypes. Faire la part des choses entre ce que je crois, ce que je ressens, ce que j’imagine, ce que je projette et ce qui est, un regard instrumenté sur la réalité, basé sur des faits objectivés.

Tracer le travail en cours. Écrits préparatoires, écrits de travail, documentation, écrits de synthèse.

Écrire peu, privilégier la rencontre, la discussion dans de bonnes conditions d’écoute. Reconnaître leurs arguments à mes interlocuteurs, faire valoir les miens.

Écrire beaucoup. Documenter les situations complexes. Écrire permet de mettre à distance, de poser devant soi une problématique avec tout ce qu’elle recèle de ressentis, d’émotions, de vécu, d’expérience en cours d’élaboration. Ecrire permet aussi à d’autres de prendre la mesure d’une situation qu’il ne connaissent pas et de pouvoir l’accompagner.